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LE BAL DES ACTRICES - critique de Marcel Jean

2009-04-09

    Voilà un film bien nommé, car il y a d’emblée quelque chose de festif dans le deuxième long métrage de Maïwenn (Pardonnez-moi) où défilent une douzaine d’actrices, de Julie Depardieu à Jeanne Balibar, en passant par Charlotte Rampling, Karine Viard et Romane Bohringer. Prenant pour prétexte le tournage d’un (faux) documentaire réalisé, caméra au poing, par Maïwenn elle-même, le film s’articule autour d’une série de numéros dans lesquels les actrices révèlent leurs angoisses et leurs névroses. L’ensemble est toujours sympathique, souvent ingénieux et parfois très drôle. On y trouve juste le soupçon de méchanceté nécessaire à donner un peu de piquant à l’ensemble.

    Côté mise en scène, on pardonnera à la cinéaste la maladresse de certains numéros musicaux et une gestion un peu laxiste de son approche conceptuelle (difficile de croire à la réalité de son documentaire; ce n’est pas This is Spinal Tap). Ce qui emporte le morceau, ici, c’est le plaisir évident qui se dégage du film et la belle audace des comédiennes (Karin Viard, Jeanne Balibar, Marina Foïs et Romane Bohringer valent tout spécialement le détour; l’engueulade entre Karole Rocher et Christine Boisson en prof. d’art dramatique est un morceau d’anthologie). Il y a même quelque chose de touchant dans les éléments qui marchent moins bien (les séquences avec Julie Depardieu, pourtant généreuse, mais qui ne trouve pas le ton, et Muriel Robin, qui s’accommode mal d’un contre-emploi). Car c’est dans ces séquences qu’on mesure la part de risque qu’ose prendre Maïwenn.

    Préférant la profusion à l’approfondissement (la plupart des séquences pourraient aller plus loin, à commencer par le « girl crush » de la réalisatrice pour  l’ancien top-modèle devenue comédienne Estelle Lefébure) Maïwenn livre au final un film plutôt pétillant et plein d’esprit. Les huit séquences de comédie musicale qui viennent  ponctuer le récit contribuent largement à cette ambiance de légèreté en ajoutant une dimension parodique à l’ensemble. La palme revient, sur ce plan, au hip hop écrit par JoeyStarr pour Charlotte Rampling, dans lequel  la très chic dame anglaise, dans son très conservateur intérieur anglais, se métamorphose en rappeuse impassible.  Le bal des actrices est un film séduisant, ce qui est tout de même la moindre des choses vu son sujet.

Marcel Jean

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