Format maximum

Blogues

BLOGUE D'OBERHAUSEN 1 - par Philippe Gajan

2009-05-01

100% CINÉMA - 0% GLAMOUR

    Oberhausen, avant Cannes, l'antithèse du cirque médiatique. Oberhausen, pendant formel au très narratif Clermont-Ferrand, est le plus vieux des festivals de court-métrage. La vieille dame a 55 ans, a la réputation d'être très sérieuse, pas forcément très excentrique mais très engagée. Il faut dire que se prélasser sur les bords de la Ruhr n'est pas tout à fait la même chose que sur la Riviera. Ici, les vedettes ont pour nom Matthias Müller et Christoph Girardet (Contre-jour, leur dernier film, est montré au sein de la compétition allemande et non de la compétition internationale pour cause de non première germanique), Mara Mattuschka, Khavn de la Cruz, Eija-Liisa Ahtila, ou encore Apichatpong Weerasethakul et Zia Zhang-ke pour ceux qui appartiennent aux deux mondes.

    Trois choses à retenir comme premières impressions. Tout d'abord la forte présence asiatique, tant en compétition que bien sûr dans le choix du thème principal, cette année, parallèle à la compétition : Unreal Asia. Une présence pan-asiatique essentiellement en vidéo et articulée autour de deux axes : le post-colonialisme et le quotidien.

    Cela nous amène d'ailleurs aux deux autres points. D'abord, la présence massive d'œuvres en vidéo, alors qu'Oberhausen apparaissait il n'y a pas si longtemps comme le repère d'un certain cinéma pur et dur, tendance expérimentale, sur pellicule bien sûr et, ensuite et surtout, même s'il est trop tôt pour en tirer des conclusions, l'omniprésence des sous-genres du documentaire : biographies, autobiographies, portraits, témoignages... Un film sur Bernadette Devlin, l'égérie de l'Irlande du Nord républicaine, un autre sur le Nashi, ce mouvement de jeunesse Poutinienne qui donne froid dans le dos, ou encore cette touchante rencontre avec  Patti Smith à New-York, Long for the City, dernier en date des opus évanescents de Jem Cohen, filmé bien entendu en super 8.

    On retiendra cependant de ce début de festival les discours d'ouverture. Trop longs bien sûr mais ô combien décapants en regard de ce qui se fait ailleurs. Le maire d'Oberhausen démarrait en saluant la fin de l'ère Bush, l'arrivée d'Obama, ses 100 jours, et la possibilité de croire que le «Yes We Can» pouvait être autre chose qu'un slogan politique creux. Il enchaînait sur la crise financière pour aboutir au choix politique de sauver le festival au nom de la culture et de l'avenir. Et non, à Oberhausen, le cinéma n'est pas déconnecté de la réalité...

Philippe Gajan

Publier sur twitter Partager

Vos réactions (0)

Soumettre une réaction

  *Votre courriel ne sera pas publié et est demandé seulement à titre de référence.