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FFM 2: LE RETOUR DE L'AMBIANCE - par Marcel Jean

2009-08-31

    Après quatre jours de festival, une constatation s’impose au FFM : il y a plus de monde dans les salles qu’au cours des dernières années. Balcon ouvert et bien garni dimanche matin à l’Impérial pour la projection en compétition d’une mièvrerie suisse (Marie-nous de Micha Lewinsky), salle presque pleine au Quartier latin samedi après-midi pour Salle numéro 6 du Russe Karen Shakhnazarov, très bonne assistance le même jour pour Menteur du Belge Tom Geens et pour For the Love of Movies : the Story of American Film Criticism de Gerald Peary… On dirait que maintenant que les controverses sont plus loin dans le passé de l’événement, le public revient. Bien sûr, un week-end pluvieux est aussi un allié non négligeable pour un festival de cinéma. Mais il y a peut être une autre raison : l’heureuse initiative de la direction du FFM de mettre en vente des laissez passer valables pour l’ensemble des projections à un prix imbattable (80$). Dans les jours précédant le festival, on avait vendu la totalité des laissez-passer disponibles.

    En fait, ce regain d’affluence ne peut pas vraiment être attribuable à la programmation, toujours aussi pléthorique et confuse. Ce n’est pas que les bons films sont absents du FFM, c’est plutôt qu’il est ardu de les dénicher dans la masse. Dans un tel contexte, le laissez passer à prix modique permet au moins au cinéphile de ne pas se ruiner à chercher l’aiguille dans la boîte de foin…

    C’est dans la catégorie des bons films qu’il faut placer Salle numéro 6 (présenté dans l’horaire du FFM sous son titre anglais, Ward Number 6), réalisé par un habitué du festival, déjà présent en compétition à Montréal il y a 25 ans avec le sympathique Nous sommes du jazz (sur les démêlés d’un groupe de musiciens en URSS). Adaptant cette fois-ci un terrifiant récit d’Anton Tchékhov, Shakhnazarov renoue avec l’inspiration de son film le plus connu (L’assassin du Tsar, présenté en compétition à Cannes en 1991) et dont l’action se déroulait, comme celle de Salle numéro 6, dans un institut psychiatrique. Avec ingéniosité et doigté, faisant preuve d’un humour grinçant, Shakhnazarov inscrit son film dans la mouvance des « documenteurs » et livre le troublant portrait de la déchéance d’un médecin qui finira au milieu des malades. La dernière scène du film, une fête du Nouvel an dans l’asile, mérite à elle seule le déplacement. (Dernière projection, le lundi 31 août, à 10h, au Quartier Latin.)

    On attendait avec curiosité le documentaire que le collègue Gerald Peary consacre à la critique de cinéma aux États-Unis, For the Love of Movies : The Story of American Film Criticism. Bon, disons que pour un film réalisé par un critique, il n’y a pas beaucoup de cinéma là-dedans : formatage télévisuel en chapitres, tournage approximatif, choix musical douteux, etc. Si la partie historique est intéressante et montre bien l’excellente connaissance qu’a Peary de son sujet, son discours sur l’état actuel de la profession sent le corporatisme à plein nez et manque cruellement d’une définition rigoureuse de la critique qui reposerait sur une véritable réflexion. Au lieu de cela, Peary considère que quiconque écrit à propos du cinéma dans un journal est un critique… On ne va pas bien loin avec ça…

    Quelques suggestions en terminant : Weaving Girl (La tisseuse) du Chinois Wang Quan’an, dont le précédant film, Le mariage de Tuya, s’est mérité l’Ours d’or à Berlin en 2007. (le lundi 31 août, à 11h10, à l’Impérial, et à 21h30, au Théâtre Maisonneuve), le mardi 1er septembre, à 16h30, à l’Impérial); Atashkar (Secret d’homme) de Mohsen Amiryoussefi, parce que le tandem Losique et Cauchard a le chic pour dénicher presque chaque année un film iranien intéressant. (le mardi 1er septembre, à 9h, à l’Impérial, et à 19h, au Théâtre Maisonneuve), le mercredi 2 septembre, à 14h, à l’Impérial)

 Marcel Jean

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