Format maximum

Blogues

BLOGUE DU FNC 5 - par Bruno Dequen

2009-10-12

DROGUE, PUBERTÉ, SABRES ET AMOUR LIBRE : UN DIMANCHE TRANQUILLE AU FNC

    Alors que les journées précédentes comportaient toutes leur lot de films-événements (dont les derniers Romero et Von Trier, entre autre), la particularité de ce premier dimanche de festival fut l’absence de gros titres évidents.  Cela pourrait sonner comme un reproche, mais c’est en fait plutôt un soupir de soulagement. Bien que les soirées de file d’attente interminable et de bataille pour les places procurent le plaisir certain de sentir que l’on participe à un événement majeur, les moments de calme entre deux tempêtes permettent enfin de flâner d’un film à l’autre en se laissant porter par l’inspiration du moment. Bref, la frénésie festivalière laissait momentanément la place à la douce balade cinéphile dilettante. Cet état de doux bonheur semblait d’ailleurs envahir l’équipe même du festival, plus calme et sereine que lors des premières journées.

    Ayant déjà vu le superbe Mark de Mike Hoolboom, le premier arrêt de la journée fut I Am Not Your Friend, le dernier opus du hongrois György Pálfi, l’auteur d’Hukkle et Taxidermia.  Entièrement improvisé par des acteurs non-professionnels, le film impressionne moins par son contenu (l’aliénation émotionnelle en milieu urbain) que par les performances mémorables, la justesse psychologique et la perfection de sa structure. Un bonbon d’originalité pour les amateurs de cinéma aventureux. Après deux heures de franche rigolade en compagnie des Beaux gosses de Riad Sattouf (dont la modestie et la gentillesse sont telles qu’il semble presque s’excuser d’être là), marche rapide vers le cinéma du Parc pour le documentaire expérimental d’animation Musashi : The Dream of the Last Samurai. Les attentes étaient assez élevées pour ce dernier né des productions IG (la compagnie du grand metteur en scène Mamoru Oshii, à l’origine de Ghost in the Shell). D’ailleurs, la salle était presque comble. Malheureusement, le film relève plus de la curiosité anecdotique que de la franche réussite. La faute à des tentatives d’humour qui ne fonctionnent pas (une figurine de Nintendo Wii comme narrateur, c’est rigolo deux minutes max) et à un manque évident de contenu générant beaucoup de répétitions. Re-marche rapide vers l’Impérial pour Le roi de l’évasion d’Alain Giraudie. Arrivé devant le cinéma, Giraudie attend tranquillement (et frileusement, le climat montréalais étant assez éloigné de son Sud-Ouest natal) son contact du festival en fumant une cigarette. Comme deux cinéphiles tranquilles, on se parle des films vus dans la journée. Une discussion détendue me préparant parfaitement à son film, superbe et jouissif récit pittoresque et anti-conventionnel sur la liberté sexuelle. Le souvenir de la fuite en pleine forêt du couple improbable et touchant formé d’Hervé, un nounours homosexuel dans la quarantaine, et de Curly, jeune ado rebelle, nous fera longtemps sourire.

    Pour tous ceux qui l’ont raté, le film de Giraudie rejoue d’ailleurs aujourd’hui à 13h. À ne pas manquer également : Fausta : la teta asustada, Ours d’or du dernier Festival de Berlin ; le sympathique et décalé La Famille Wolberg ; la reprise des Beaux gosses et la représentation de Precious, le film-événement produit par Oprah Winfrey.  Mais le film indispensable de la journée demeure de loin le sublime Still Walking d’Hirokazu Kore-Eda, chronique douce-amère d’une réunion familiale rappelant les meilleurs films d’Ozu.

Bruno Dequen

Publier sur twitter Partager

Vos réactions (0)

Soumettre une réaction

  *Votre courriel ne sera pas publié et est demandé seulement à titre de référence.