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BLOGUE DU FNC 7 – par Marcel Jean

2009-10-14

PLUS C'EST COURT, PLUS C'EST BON!

    Si on se régale souvent au FNC, on s’y amuse en général plus rarement. Les « films de festival », comme on les appelle, donnent plus facilement dans le drame que dans la comédie. Cette année semble toutefois faire exception. Bruno Dequen signalait, il y a deux jours, avoir franchement rigolé en voyant Les beaux gosses de Riad Sattouf, puis avoir eu beaucoup de plaisir devant Le roi de l’évasion d’Alain Giraudie.

    Idem pour moi hier devant Dirty Mind, du Belge Peter Van Hees, loufoque histoire de garçon timide métamorphosé par accident en Tony suintant la testostérone. Bon! D’accord, on n’en reparlera plus dans six mois, mais cette vivifiante satire du machisme, portée par la performance survoltée de Wim Helsen et la mise en scène enlevée de Van Hees (à qui on doit le film d’horreur Left Bank), a tout à fait sa place dans la programmation.

    Au chapitre du plaisir (on pourrait même dire de la jouissance), le clou de ce mardi pluvieux est toutefois arrivé en soirée, au début d’un programme de courts métrages par ailleurs assez médiocre, Temps Zéro : Grotesque/Érotisme, avec la projection du jubilatoire dernier opus du tandem autrichien Chris Haring et Mara Mattuschka, intitulé Burning Palace. 32 minutes de pur bonheur et de fascination. Les deux membres de la troupe viennoise Liquid Loft nous avaient déjà fait le coup l’an dernier avec le remarquable Running Sushi. Les voici donc de retour avec une autre production multidisciplinaire, intégrant la danse (ça, c’est le département d’Haring) dans  une écriture vidéographique extrêmement élaborée (ça, c’est l’affaire de Mattuschka), pleine de raffinement et de subtilités, tonifiée par un formidable sens du grotesque, par une conception sonore inventive et par un travail sur le corps, le cadre et l’espace à la fois original et maîtrisé. Un « must »! Vivement une rétrospective! Vivement une performance live, aussi! Marie-Hélène Falcon, où êtes-vous? Il faut les inviter au Festival TransAmériques, leur faire du charme, les supplier de venir… S’ils débarquent, on y sera! Promis, juré! Et on fera la promo auprès des amis Facebook.

    Au même programme, le Montréalais Pierre Ayotte, connu notamment pour ses inspirantes photos fétichistes (allez les voir à pierreayotte.com, c’est plutôt marrant, j’adore la soubrette armée d’un souffleur de feuilles), présentait une toute petite chose (2 minutes) qui a quand même réussi à faire sourire, Satan, Jesus & Elvis, dans laquelle les trois figures iconiques se paient une bonne soirée. En toute fin de programme, on a aussi un peu rigolé devant S_94, du cyberpunk japonais Shozin Fukui, mais ce n’était visiblement pas pour les bonnes raisons. Le programme du FNC le compare à Shinya Tsukamoto (Tetsuo). Ouais! Disons que dans ce cas-ci ce serait un Tsukamoto en bien mauvaise forme. Le programme précise aussi que S_94 a été tourné en 24 heures. Disons que ça paraît!

    À surveiller aujourd’hui, à 13h, au Parallèle, le programme de courts métrages Focus XP, 12 films dont des œuvres de Nancy Baric (Knife), Félix Dufour-Laperrière (M), Deco Dawson (Sluice Box and A Rocker) et François Miron (Hydromorphe 8MG). Espérons que cette seconde projection sera techniquement meilleure que celle de samedi soir dernier, plutôt catastrophique au Cinéma du Parc. On enchaînera avec Eccentricities of a Blond Hair Girl, du centenaire Manoel de Oliveira, au Cinéma du Parc à 15h30, puis, dans la même salle, avec l’émouvant Mary and Max d’Adam Elliot, à 17h.

Marcel Jean

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