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BLOGUE DU FNC 11 - par Bruno Dequen

2009-10-18

LES DERNIERS JOURS D’UN FESTIVAL

Ça y est. La cérémonie de clôture du 38e FNC a eu lieu hier soir. Voici la liste complète des gagnants :
LOUVE D’OR – Quebecor : Canine de Yorgos Lanthimos
Mention spéciale du jury : The Red Race de Chao Gan
Prix d’interprétation : Magaly Solier pour Fausta : La Teta Asustada de Claudia Llosa
Prix de l’innovation Daniel Langlois : Should I Really Do It? d’Ismail Necmi
Grand Prix Focus – Cinémathèque québécoise : Nuages sur la ville de Simon Galiero
Mention spéciale du jury : Crackie de Sherry White
Loup argenté, prix du meilleur court métrage : Jalkeilaa Tass de Maarit Suomi-Väänäen
Grand Prix Focus court métrage : Danse macabre de Pedro Pires
Mention spéciale du jury Focus : La Vie commence d’Émile Proulx-Cloutier
Prix de l’AQCC : Fausta : La Teta Asustada de Claudia Llosa
Mentions spéciales du jury de l’AQCC : The Girl de Fredrik Edfeldt et Unmade Beds d’Alexis Dos Santos
Prix du public Temps Ø : Amer d’Hélène Cattet et Bruno Forzani

    Bien entendu, passées les réactions immédiates et subjectives (toutes mes félicitations à Hélène et Bruno), la question à se poser demeure : ces prix servent-ils à quelque chose?  Une Louve d’Or peut-elle avoir un impact sur la carrière d’un film?  Pour un film tel que Fausta, qui a déjà reçu des prix prestigieux, tel l'ours d'or de Berlin, et possède un distributeur local, les deux prix reçus au FNC n’auront probablement aucun impact. Dans le cas de Canine, il sera au contraire très intéressant d’observer l’évolution du film dans les prochains mois. Peu médiatisé avant et pendant le festival, n’ayant pas de distributeur québécois, Canine représente exactement (contrairement à Tulpan, l’année dernière) le type même de film qui a besoin du soutien d’un festival. Mais le FNC a-t-il les moyens de l’aider?

    Les prix remis, la soirée se poursuivit par la présentation du dernier-né des frères Larrieu, Les Derniers jours du monde, qui suit le périple d’un homme (interprété par Mathieu Amalric) à la recherche de sa femme de rêve dans une Europe aux prises avec des catastrophes en tous genres (tremblements de terre, terrorisme, attaques nucléaires, etc.). Imaginez le croisement entre un film de la Nouvelle Vague et un blockbuster catastrophe, et vous avez une petite idée des surprises qui vous attendent dans ce film qui réussit même à être profondément touchant. Rencontrés alors qu'ils étaient venus présenter le film à Montréal, les deux cinéastes affirment ne pas avoir regardé de films catastrophes avant de réaliser le film. Néanmoins, ils considèrent que leur approche inhabituelle (les personnages semblent plus se soucier de leurs affaires quotidiennes que de la fin possible du monde) est probablement une représentation plus réaliste d’une telle situation. En ce qui concerne la place prédominante de la dynamique du sexe et du désir dans leurs films, les cinéastes s’amusent à la justifier par leur origine géographique la place qu’occupe une telle thématique. D’ailleurs, ils sont heureux de rappeler qu’ils ont été, avec Alain Guiraudie (Le Roi de l’évasion), les derniers cinéastes ajoutés par Luc Moullet à son chapitre sur le cinéma du Sud-Ouest (défini par son obsession pour les choses du corps) dans sa géographie thématique du cinéma français.

    Aujourd’hui, il reste trois gros titres au programme avec les derniers Michael Haneke (Le ruban blanc), Pedro Almodóvar (Étreintes brisées) et Bong Joon-Ho (Mother). Une bonne nouvelle pour les cinéphiles, mais aussi une source de perplexité. Ces dernières années, de plus en plus de titres porteurs se retrouvent ainsi programmés le lendemain de la soirée de clôture. Bien entendu, la frilosité montante de nombreux distributeurs les pousse à limiter le nombre de séances et leur importance afin de ne pas nuire à leurs sorties commerciales. De plus, les dates du festival le placent dans l’une des périodes les plus chargées de l’agenda des festivals internationaux, ce qui ne facilite pas la récupération des copies de film. Quoi qu’il en soit, on peut tout de même trouver dommage que de nombreux gros films se retrouvent ainsi contre-programmés en fin d’événement.

    Alors que la programmation cinéma a pris toute la place lors des blogues de la semaine, il me semble juste de conclure la couverture du dernier FNC par un coup de chapeau au FNC Lab. Après quelques années de tâtonnement et un achalandage souvent déprimant ces dernières années, le Lab a enfin pris son envol lors de cette dernière édition.  Le pari pourtant risqué de l’Agora Hydro-Québec comme quartier général a donc fonctionné et permis au Festival de sortir sans embûches de la maison Ex-centris.  Depuis longtemps respecté par les cinéphiles pour sa programmation, le FNC pourra peut-être également devenir un véritable lieu de rencontre.  La suite en 2010…

Bruno Dequen

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