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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

LE RIRE EST LE MEILLEUR AMI DE L’HOMME

2009-10-22

    On imagine la scène sans peine. Dans une allée du très chic campus d’Oxford, deux grands échalas nommés Michael Palin, étudiant en histoire contemporaine et Terry Jones, usant ses fonds de culotte sur les bancs du département d’anglais, devisent joyeusement en se rendant à une répétition de la troupe comique Oxford Revue. À quelques kilomètres de là, dans les toutes aussi chics travées de Cambridge, deux élégants, Graham Chapman, futur médecin, et John Cleese, futur avocat, s’apprêtent à entrer dans la salle du Cambridge University Footlights pour y pratiquer du théâtre amateur, avant qu’un certain Eric Idle, étudiant l’anglais, ne les y rejoigne un an plus tard. C’est cette troupe qui les amènera en tournée jusqu’à New York où John Cleese se liera d’amitié avec un étrange créateur diplômé de science politique, à l’univers aussi chaotique que féerique : Terry Gilliam. Au fil des années, les joyeux lurons de ces prestigieuses universités se croisèrent et se décroisèrent ainsi (Gilliam finit par obtenir sa citoyenneté britannique) au gré de cabarets et numéros improbables avant que la puce ne monte à l’oreille de la BBC qui propose à Cleese et Chapman de créer leur propre émission. Bon camarade, Cleese invite Palin et les autres à les y rejoindre. C’est ainsi que le 5 octobre 1969 débutait Monty Python’s Flying Circus. C’est ainsi que le 5 octobre 1969 s’est dessiné le nouveau visage de l’humour mondial.

    Et voilà comment tout a commencé. Par ce hasard qui décidemment fait vraiment bien les choses. Par ces aléas qui rendent la vie drôlement plus croustillantes. Et nous voilà, 40 ans plus tard, à encore remercier le ciel de ces merveilleux accidents. Car dieu que le monde de l’humour aurait été triste sans les Monty Python. Bien sûr, il y eut cette folle aventure télévisée qui s’acheva en 1975, après quelques inoubliables monuments de l’humour absurde (Ministry of Silly Walks, The Dead Parrot, Philosopher’s World Cup, The Lumberjack Song…payez-vous un détour par la chaîne Youtube des Python, un remède comme il en existe peu contre la morosité). Puis vinrent les tournées mais aussi, et surtout, les films, merveilles d’invention, d’irrévérence, d’intelligences et de niaiseries mêlées. And Now for Something Completely Different, d’abord, en 1971, et ses reprises de sketchs des deux premières saisons du cirque volant. Puis coup sur coup les irrésistibles Monty Python and the Holy Grail (1975), Monty Python’s Life of Brian (1979) et Monty Pyhton’s The Meaning of Life (1983). 3 grands coups d’épée fendants dans une eau qui dormait bien trop tranquillement. 3 grands chambardements (Life of Brian et sa lecture de la vie d’un voisin de Jésus eut ainsi droit à des procès en blasphèmes et fut interdit en Irlande et en Norvège) qui marquèrent aussi la fin de l’incroyable sextuor, chacun, excepté Graham Chapman décédé en 1989, ayant depuis continué sa carrière solo avec plus ou moins de bonheur.

      40 ans plus tard, voici donc le temps des commémorations. D’abord, avec des hommages rendus aux 5 pythons enfin réunis un peu partout autour de la planète (par exemple ici). Ou encore avec la présentation du très attendu Monty Python : Almost the truth (The lawyers cut), un documentaire en 6 parties (une version condensée de 105 minutes existe aussi) que l’on annonce sur nos tablettes dvd pour le 27 octobre prochain et qui permettra d’enfin savoir tout, tout, tout sur les Monty. Mais aussi avec la reconnaissance par tous de l’influence immense de ces génies en chapeau melon sur les générations d’humoristes qui les ont suivi. Donnant d’ailleurs directement la parole aux héros des zygomatiques du moment, le magazine Entertainement Weekly a ainsi fait avouer l’ascendant des british sur leur humour à à Kevin McDonald des Kids in the Hall (« au moins inconsciemment, on leur a piqué beaucoup de choses. On n’a pas pu faire autrement. »), Mike Myers (« si la comédie avait son tableau périodique, les Python auraient plus d’un atome dedans »), Matt Groening créateur des Simpsons (« leur surréalisme saugrenu avec cette touche de cruauté est irrésistible ») ou la géniale Tina Fey (« ils m’ont appris que les chutes dans les sketchs ne sont pas si importantes. Eux faisaient ce qu’ils avaient à faire tant que c’était drôle et s’arrêtait pour passer à autre chose ».)

    And now, for something completely different, un dernier bonbon à siffloter toute la journée en se disant que non, décidemment en 40 ans, on a pas encore fait mieux.

Life's a piece of shit

When you look at it

Life's a laugh and death's a joke, it's true.

You'll see it's all a show

Keep 'em laughing as you go

Just remember that the last laugh is on you.
And always look on the bright side of life...

Bon cinéma

Helen Faradji

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